La maladroite d’Alexandre Seurat

22 août 2015

A peine sorti ce livre récolte les éloges des participants au challenge, ce sera donc le coup de projecteur de ce week end !

La maladroite

d’Alexandre Seurat

Rouergue, 19 août 2015
La brune, 9782812609251, 13,80€

Tout commence par un avis de recherche, diffusé à la suite de la disparition d’une enfant de huit ans. La photo produit un choc chez une institutrice qui a bien connu Diana. D’emblée, elle n’a aucun doute. La gamine n’a pas été enlevée, ses parents sont responsables de sa « disparition ».

Remontant sa courte vie jusqu’au temps même de sa conception, le roman égrène les témoignages de ceux qui l’ont côtoyée. Enseignants ou médecins scolaires, gendarmes, assistantes sociales, et jusqu’à la grand-mère ou le demi-frère de la victime : toutes et tous viennent prendre la parole, dire, dans la stupeur et l’urgence de s’exprimer, ce qui s’est noué sous leurs yeux, qui les a alertés, sans que jamais ils ne puissent enrayer le dénouement fatal. Peu à peu, ils cernent les zones aveugles de cette histoire ainsi que les failles d’un système pourtant dédié à la protection et l’épanouissement de l’enfance.

Inspiré d’un fait divers récent, ce roman choral tient volontairement à distance tout effet de style, et évite la surenchère émotionnelle et compassionnelle. Seulement les faits, et les faits connus par les témoins extérieurs : autour du trou noir de ce que fut le martyre de celle qui est appelée Diana dans le livre, l’auteur conserve le plus parfait silence.

Lire un extrait

« L’institutrice : Quand j’ai vu l’avis de recherche, j’ai su qu’il était trop tard ».  Ainsi commence ce premier roman, et en lisant les avis, on comprend qu’il est déjà trop tard, pour cette maladroite, mais qu’il nous faudra lire ces lignes, quand même.

Les avis des participants au challenge :

Eimelle :

Un premier roman qui fait froid dans le dos.

Nathavh (Coup de coeur) :

Un récit coup de poing qui bouscule, dont on ne sort indemne.

Noukette (Coup de coeur)

Il suffisait de presque rien… Inspiré de la bouleversante affaire Marina Sabatier, le premier roman d’Alexandre Seurat fascine par son extraordinaire capacité à dire l’horreur sans jamais la nommer. Aucune surenchère, aucune indécence. La construction est imparable, le récit presque clinique, l’auteur se gardant bien de sombrer dans le voyeurisme et le sensationnel. Le tout avec pudeur et un apparent détachement. Juste l’étau qui se resserre et les voix qui disent l’effroyable banalité d’une tragédie qu’on aurait pu éviter. Oui, il suffisait de presque rien…

Bric à Book : (Coup de coeur)

La Maladroite n’est pas « un feel good book », loin de là, et pourtant vous auriez tort de ne pas le lire. Le récit passe sous silence les sévices infligés et ne tombe jamais dans un voyeurisme malsain. Tout est suggéré, rien n’est jugé, avec une maestria époustouflante !

Jostein :

La maladroite, premier roman d’Alexandre Seurat, évoque avec justesse toutes les apparences trompeuses qui s’accumulent et qui forment l’alibi courant, si banalement commun, des aveuglements face à l’enfance maltraitée. Un vrai roman qui, par le truchement d’un destin unique et singulier, nous parle, sans fausse pudeur, d’une réalité atrocement collective.

Et l’avis de Véronique Rossignol pour Livres Hebdo (numéro 1043) :

« Le roman, tout en sobriété brute, fait exister la barbarie en creux, sans détailler les sévices. »

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